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Economie

null,14/06/2012 12h30

Corruption : le transport routier sous l’ escarcelle de l’ICPC

Le ministère de l’Equipement et du transport et l’ICPC ont signé mercredi à Rabat deux conventions de partenariat les engageant.Bouudrar en explique la portée.

Le ministère de l’Equipement et du transport et l’Instance centrale pour la prévention de la corruption  (ICPC) ont signé mercredi à Rabat  deux conventions de partenariat les engageant à mettre en œuvre un dispositif  commun pour lutter contre la mauvaise gouvernance dans ce secteur. Abdeslam Aboudrar, président de l’instance en analyse les retombées.

Question : Le timing de la signature de ces deux conventions aménageant votre partenariat avec le ministère de l’Equipement et du transport, est-ce pour surfer sur la vague du buzz des agréments ou est-ce un hasard du calendrier ?

Réponse :   C’est une étude qui a été réalisée  en 2010, c’est-à-dire à une date où la publication de la liste des agréments n’a pas encore eu leu. Force est donc de penser que c’est un simple hasard. Encore que le hasard ne me semble pas le mot approprié, la date de cette signature ayant été convenue d’un commun accord dès la rédaction du rapport sur la corruption dans les transports routiers

Question : Quelle utilité y a-t-il à baser son  action sur une étude vieille de deux ans ? Ne risque t-on pas de passer à côté des nouvelles réalités et d’accorder de l’importance à ce qui n’est plus ?

Réponse : Vous pensez bien que cette préoccupation ne nous a pas échappé. En fait  seules certaines des  grandes lignes de cette étude  ont été retenues. Considérant qu’elles restent toujours pertinentes en ce qu’elles se rapportent à des phénomènes relativement stables, les avons prises de nouveau  en compte. Tout le reste a été actualisé en fonction de la situation actuelle. Et là je peux vous dire qu’il s’en est passé des choses depuis.

Question : Evidement la Constitution, l’ouverture…mais pourquoi le transport et, accessoirement pour quoi le transport après la santé avec laquelle vous avez signé une convention semblable en début de l’année ?

Réponse : Ce sont les effets induits par les secteurs qui les désignent à notre choix. Comme la santé, le transport est un service primaire. J’entends par primaire le fait qu’il soit essentiel à tous dans la vie de tous les jours. Ces deux secteurs de prestation de services ont de ce fait des répercussions économiques, des conséquences sociales et des retombées politiques qui sont  déterminants pour le bien être de l’individu et pour la stabilité de la société. Ceci dit, nous n’agissons que sur demande du partenaire. Et il ne peut en être autrement puisque notre démarche est fondamentalement participative

Question : Bien ! Qu’y a-t-il à dire sur la corruption dans le transport ?

Réponse : Qu’elle existe et que certains l’ont vécue. Mais gardons-nous cependant des jugements à l’emporte-pièce : elle n’est ni endémique, ni générale.

Question : Quelle signification revêt alors ce taux de 57% de corruption enregistré au niveau du contrôle routier ? Cela ne veut-il pas dire qu’un agent sur deux est corrompu ?

Réponse : Non, pas vraiment car cela réfère au fait que 57% des 3514 sondés ont vécu une situation dans laquelle ils ont cru bon de  payer pour la dépasser. Ce n’est pas exactement la même chose que de dire qu’un agent sur  deux est corrompu.

Question : Les conventions  sur le transport comme celles  signées avec le ministère  sont les deuxièmes du genre. Y a-t-il une suite ? Et si oui, quelle est-elle ?

Réponse : A l’ICPC nous pensons qu’une démarche sectorielle est la plus à même de prendre en compte les spécificités de chaque secteur d’activité. Certes il y a des tendances communes, mais il y aussi à côté des pratiques tenant à la nature de la prestation. D’ailleurs ce 1er travail peut servir à se forger une vision d’ensemble du mal. Pour répondre plus précisément à votre question, suivront la Justice, le bâtiment et l’habitat, l’éducation nationale…

Question : Ce genre d’étude suffit-il à combattre la corruption ?

Réponse : Non pas. L’étude et un diagnostic, il y a le remède. Nous avons fait proposition au ministère de ce qu’il faut entreprendre pour normaliser la situation. Une chose est claire cependant : rien d’utile ne peut être réalisé sans démarche participative préalable. Et cette démarché doit nécessairement englober le public. Et évidemment, il faut assurer le suivi et le contrôle des mesures préconisées

Question : Quelle est son attitude vis-à-vis de la corruption ?

Réponse : Je pense que la  transparence ainsi dénonciation du fait de corruption peuvent  imprimer un nouveau souffle au mouvement de lutte contre la  gouvernance dénaturée. Mais, ne ce qui concerne la dénonciation, il faut lever certaines hypothèques telles que la peur de représailles ou la croyance à l’impunité des contrevenants. Je crois également qu’il faut que la société toute entière s’implique dans ce combat. La presse en particulier est essentielle à la menée de campagnes de sensibilisation efficace.

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