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Economie

Ahmad Al Ahmadi,14/06/2012 18h12

Maghreb : la B.M présente la facture des entraves au commerce

Abdelaziz Rabbah a plaidé l’édification maghrébine dans une allocution prononcée jeudi à Rabat en ouverture d’un atelier organisé par la Banque mondiale et l’UMA sur la « facilitation du commerce et de l’infrastructure » dans la région.

Le ministre de l’Equipement et du transport qui a présidé cette réunion aux côtés du ministre algérien du Commerce, Mustapha Ben Badda, a déclaré devant les représentants des pays de l’ensemble régional que le coût économique et social des entraves mises aux relations commerciales devient trop lourd pour que la situation n’impose pas un changement de politique dans l’immédiat.

Selon le ministre, le nouveau contexte international, les mouvements sociaux observés dans la région ainsi que l’arrivée de nouvelles équipes gouvernementales dans les pays membres invitent à changer le fusil d’épaule et à mettre en avant ce qui rapproche et à éviter ce qui fâche.

Abdelaziz Rabbah qui a qualifié « la faiblesse des échanges entre les pays maghrébins de honteuse » en ce qu’elle se situe « au mieux à 3% du volume global de leurs échanges », a appelé à lever les entraves qui s’opposent à la circulation des personnes et des biens afin de réaliser au plus vite l’ intégration qui permettra à l’ensemble maghrébin de convenablement se situer dans le nouvel ordre économique mondial.

Il a estimé que le Maroc a montré sa volonté de s’inscrire dans cette optique qui a développé – en l’ouvrant sur les pays voisins- son infrastructure à un niveau qui l’a fait passer du 90ème au 54ème rang dans l’échelle mondiale de la logistique. Le ministre s’est dit par ailleurs confiant dans le fait que le Maghreb saura relevé le défi comme le laisse présager le sommet maghrébin qui aura lieu à Tunis en octobre et la réunion du patronat des 5 pays qui se tiendra prochainement à Marrakech.

Le ministre algérien du commerce qui est convenu de la nécessité de relancer le projet d’intégration commune a cependant estimé que la faiblesse des infrastructures n’est pas le seul obstacle qui s’y oppose, mais que le bas niveau de complémentarité industrielle et économique en est aussi cause. Il a jugé que la similitude des projets industriels a entrainé un manque de variété des productions qui nuit aux échanges.

Mustapha ben Badda s’est cependant félicité du projet de sommet maghrébin et de réunion des opérateurs de la région, car ils lui semblent ouvrir de nouvelles perspectives à l’action commune. Il a en outre engagé le Secrétariat général de l’UMA à assurer le suivi et le contrôle des propositions adoptées dans le cadre de l’atelier.

Bien que dominé par des préoccupations économiques et commerciales, l’atelier sur la facilitation du commerce et des infrastructures n’a pas été exempt de considérations politiques. Des intervenants y ont déclaré que la reprise de la construction maghrébine ne peut provenir que de la volonté politique des responsables au plus haut niveau des pays de la région. Ils ont affirmé nourrir de grands espoirs sur le sommet maghrébin de Tunis pour « aider à dépasser la mauvaise passe qui dure depuis des décennies au grand dam des peuples de la région ».

Selon une étude de la Banque mondiale, la perte due à la faible intégration régionale est estimée à 3% du PIB des pays maghrébins. Ce à quoi elle ajoute un tassement des investissements directs étrangers (IDE) et un doublement du coût de leurs exportations, agricoles notamment.


Ahmad Al Ahmadi
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