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Interview

Propos recceuillis par: Houria Ben Moussa,15/05/2012 11h34

Les troubles de concentration chez l’enfant

Votre enfant est inquiet, déstabilisé, distrait et ces résultats scolaires sont toujours au-dessous de vos attentes, peut-être qu’il souffre de problèmes de concentration. Ces troubles touchent beaucoup d’enfants qui, par leur nature, sont hyperactifs et trouvent beaucoup de difficultés à se concentrer sur le langage écris ou parlé. Amina Boucetta, Psychopédagogue et Thérapeute nous apporte quelques explications à ce sujets. Entretien :



- La plupart des enseignants se plaignent des troubles de concentration chez l’enfant. Comment s’explique ce problème?


C’est en général entre 6 et 9 ans que l’on décèle les difficultés de concentration. Vers le milieu du cours préparatoire, l’enseignant commence à découvrir des difficultés de concentration chez l’enfant. Mais certaines écoles averties mettent le doigt sur ce problème déjà en grande section maternelle.


Ces troubles se manifestent selon un même rituel : l’enfant ne fait pas d’efforts pour se concentrer, il est turbulent, bavarde, il dissipe la classe, n’écoute pas les consignes des exercices jusqu'à la fin… et parfois même, il devient agressif. Les enseignants s’avouent excédés.



- Comment les parents réagissent-ils face à ces remarques ?

Les parents commencent à découvrir ces troubles de concentration quand ils aident leurs enfants à faire leurs devoirs. Ils sont souvent démoralisés et assènent de longs discours de morale à leur enfant, en lui expliquant qu’il doit écouter consciencieusement son enseignant. Mais l’enfant ne sait pas comment s’y prendre, il ne sait pas quel couvercle va lui permettre magiquement de retenir sa pensée.



- On entend parler beaucoup plus de troubles de concentration chez les garçons par leur besoin de se dépenser physiquement. Qu’en est-il de ce discours ?

La plupart des parents pensent que les garçons ont besoin de se dépenser physiquement plus que les filles et qu’ils aiment trop jouer au ballon, et c’est cela qui porte préjudice à leur concentration et à leur réussite.

Qu’il soit hyperactif ou non, chaque enfant est exposé à des difficultés de concentration. Son attention est souvent retenue par les choses qui l’entourent. A cette pensée et croyance les parents répondent souvent par soumettre leur enfant à une intense activité sportive pour lui permettre de se défouler et d’avoir une meilleure concentration. Mais au contraire, plus l’enfant est excité physiquement plus son attention est perturbée : lorsque l’énergie est dépensé physiquement, l’attention est perturbée par le mouvement. L’enfant n’est pas habitué à se concentrer sur le langage parlé ou écrit car il a des centres d’intérêt physiques.

Il faut au contraire l’initier à des jeux calmes comme les jeux de réflexion par exemple : Jeux de cartes, jeux de dames, etc.

Amina Boucetta, Psychopédagogue et Thérapeute familliale



- Cela est dû à quoi ?

L’organisation du cerveau est unique et personnelle : elle est le résultat des interactions constantes qui existent depuis la conception de l’enfant et les stimulations de son environnement. Tout n’est pas joué dès la naissance. L’efficience intellectuelle est matérialisée par la réussite scolaire.



- A quel âge peut-on s’intéresser à cette concentration chez l’enfant ?

L’éveil et la concentration commence in-utéro et se poursuit jusqu’à la puberté. L’interaction avec ses parents permet d’emblée à ces connexions d’être riches et efficaces. Pour se développer au mieux, les enfants ont besoin d’un soutien émotionnel et d’une stimulation cognitive. Quand la mère interagie avec son bébé de 3 mois, on peut déjà prédire les capacités ultérieures de concentration. L’allaitement maternel donne la meilleure occasion de fournir très tôt un soutien et une stimulation au nourrisson. Il permet à la mère et au bébé de nouer une relation émotionnelle étroite et bénéfique aux deux.


Il faut bien connaître ce cercle vicieux car il permet de comprendre que c’est en habituant l’enfant à communiquer avec l’adulte qu’il se concentrera sur la parole et abandonnera son excès de turbulence physique.


Des fois l’enfant est victime de troubles psychoaffectifs qui se traduisent par des déficits et des retards lors des apprentissages scolaires : on observe une régression chez l’enfant, ses apprentissages sont retardés, lacunaires (espaces vide) ou effacées complètement de son cerveau. Ce manque va conditionner une bonne partie de l’avenir de l’enfant, parce qu’il se trouve précisément à ce stade de développement durant lequel toute une gamme d’apprentissage essentiel se met en place.



- Que faut-il comprendre ?

Il est impératif que l’esprit de l’enfant soit en condition de disponibilité pour retenir, mémoriser et mettre à profit ce qu’on lui apprend et cela passe par une stabilité affective.
Mais quand l’enfant est soucieux, inquiet, déstabilisé, déstructuré, apeuré, angoissé, appréhensif au sujet de tout, de sa vie, des autres, du monde à son alentour, il préfère se réfugier dans son monde imaginaire, avoir ses propres phantasmes, occupé à se recréer une vie selon ses désirs et ses jeunes aspirations.

Puisque cette opération de repli, qui est une conduite d’évitement le réconforte, le rassure, les apprentissages n’auront plus de priorité. L’enfant peut finir par les oublier s’ils ont eu lieu, ou s’ils n’ont pas eu lieu, on observe un retard.



- Quel soutien apporter à un enfant souffrant de problèmes de concentration et de mémorisation ?

Les enfants ayant des problèmes dès le CP et le CE1 sont souvent considérés par les enseignants comme non motivés car Certains enseignants confondent volontiers troubles de concentration et manque de l’intelligence et incriminent le coucher trop tard, le laxisme des parents, le travail des mères, la télévision, les jeux électroniques, l’ordinateur …


Or tous dépend de comment ces moyens de divertissement sont utilisés. La télévision, par exemple, peut très bien favoriser la concentration .Cela dépend de la façon dont-on apprend aux enfants à la regarder, elle peut les rendre passifs et nuire à leur concentration, ou bien on en fait des téléspectateurs actifs, enrichis par le petit écran, en fixant des règles avec rigueur et un programme. Le meilleur moment pour regarder la télévision est en fin de journée après avoir fait les devoirs et avant le diner.

L’ordinateur, par contre, favorise la concentration car il représente une véritable prolongation du système nerveux .Il permet à l’enfant d’exprimer sa pensée, de visualiser et de se concentrer visuellement. Mais l’enfant ne doit pas dépasser une demi-heure devant l’ordinateur et trois quarts d’heure pour les plus grands.



- Quelle pédagogie peut-on mettre en place ?

La concentration ne se décrète pas, elle se favorise. Elle dépend de certains facteurs biologiques comme le respect des rythmes du sommeil, l’heure des repas, et de quelques facteurs environnementaux comme le bruit ambiant, l’interaction avec les autres enfants et les stimulations de l’environnement.

Le rôle de l’école maternelle aussi est de favoriser et de stimuler et non de faire du forcing scolaire car les efforts de mémoire trop importants, les taches trop difficiles pour l’enfant et la monotonie du travail peuvent entraver la concentration.

Le cerveau d’un enfant de 3 ans ou 4 ans travaille deux fois plus que celui d’un adulte et ce travail intensif se poursuit jusqu’à 9 ans et à partir de ce moment, la consommation d’énergie physique prend le dessus.



- Qui sont les professionnels qui peuvent pratiquer une évaluation plus fine dans ses particularités et quel soutien apporter à un enfant souffrant de problèmes de concentration ?


Il faut réconforter l’enfant car il est le premier à douter de lui-même, de son intelligence. Une consultation chez le psychologue s’impose pour cerner le problème et surtout soulager l’enfant qui est en souffrance face à son incompris et celui de ses parents. Effectivement les facultés de concentration sont aujourd’hui considérées comme l’un des facteurs essentiels de la réussite.


Propos recceuillis par: Houria Ben Moussa
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