Menara actualités - Tous les titres de l'actualité
  • Rechercher 
  • sur Menara   
  • sur le Web   

Politique

MAPF,20/06/2012 16h07

Le retrait de confiance à Christopher Ross "ne signifie pas le retrait du Maroc des négociations"

La décision de retrait de confiance à l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross, "ne signifie pas le retrait du Maroc des négociations", a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Otmani, précisant que Rabat adhère aux résolutions onusiennes et continue à coordonner étroitement avec le secrétaire général de l'ONU, les membres permanents du Conseil de sécurité et les amis du Maroc au sein de la communauté internationale.



Les positions et les déclarations de Ross "n'étaient ni justes ni impartiales", a rappelé M. El Otmani, qui était invité de l'émission "Qadaya wa Araâ" (questions et opinions) diffusée mardi soir par la chaîne de télévision "Al Oula", ajoutant que le dernier rapport du facilitateur onusien, qui n'a apporté "aucune valeur ajoutée" aux pourparlers, "a touché à des choses que nous considérons comme des lignes rouges, dont la tentative d'atteinte au rôle de la MINURSO".



A la demande de la communauté internationale, le Maroc a présenté en 2007 le projet d'autonomie "qui a certes perturbé les adversaires de l'intégrité territoriale, mais qui a été accueilli favorablement" par beaucoup de pays influents, ce qui s'est traduit dans la teneur des résolutions du Conseil de sécurité qui ont qualifié l'initiative marocaine de "sérieuse et crédible".



Le Maroc a accompagné avec bonne foi les efforts de l'envoyé onusien Christopher Ross en vue de poursuivre les pourparlers, qui sont le fruit des efforts du Maroc et de sa proposition modérée et ouverte visant à aboutir à une solution politique, a-t-il relaté, déplorant qu'aucune avancée n'ait été réalisée trois ans après la nomination de Ross et au terme de 9 rounds de négociations informelles.



En réponse à la question de savoir s'il n'y avait pas un certain retard concernant le retrait de confiance à Ross, le ministre a estimé qu'une telle décision est "complexe et ne devait pas intervenir avant cette date, en raison des réformes et des dynamiques que le Maroc a vécues au cours des derniers mois".



Il a relevé que la diplomatie marocaine, avec le soutien de ses amis au sein de la communauté internationale, a attendu la publication d'une résolution équilibrée du Conseil de sécurité, en dépit du rapport partial de Christopher Ross, pour prendre cette "décision capitale", soulignant que le Maroc attend du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "de trancher sur cette question et nomme un nouveau médiateur".


Par ailleurs, M. El Otmani a mis en exergue les efforts déployés par la diplomatie marocaine au cours de la dernière décennie, qui ont permis le raffermissement de la place et des relations du Royaume sur la scène internationale, couronnés par l'obtention du Statut avancé auprès de l'Union européenne, sans omettre l'impact de l'élaboration de la proposition d'autonomie des provinces du Sahara qui a placé le Maroc en position de force pour mener les négociations.



S'agissant de la région maghrébine, le ministre a indiqué qu'une action soutenue est menée pour le parachèvement de l'édifice maghrébin, précisant que la Tunisie a proposé la date du 10 octobre pour la tenue du prochain Sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA), qui planchera sur la réforme des structures de cet ensemble et la négociation d'un accord de libre-échange, conformément à ce qui a été décidé lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères, les 17 et 18 février.



En ce qui concerne la question du retour du Maroc à l'Union africaine, M. El Otmani a estimé que le Royaume a compensé son absence de l'UA en adoptant une politique diplomatique à forte dimension africaine et en Âœuvrant au renforcement de ses relations diplomatiques et économiques avec les pays du continent.



L'intérêt pour l'Afrique trouve aussi son illustration dans l'organisation, récemment au Maroc, de la réunion des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) et dans les aides fournies aux pays confrontés à des catastrophes naturelles, a ajouté le ministre.



Après avoir déploré les tentatives algériennes de saper les efforts du Maroc pour la construction du Maghreb arabe et la résolution du conflit du Sahara, le président du groupe istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme à la Chambre des conseillers, Mohamed El Ansari, a appelé, de son côté, à développer les mécanismes de travail de la diplomatie marocaine en capitalisant sur les acquis et à favoriser l'ouverture sur les pays de l'Amérique du Sud.



Il a, de même, souligné la nécessité de promouvoir la diplomatie parallèle, dans ses formes parlementaire et partisane, et de la mettre au fait des causes nationales afin qu'elle soit en mesure de les défendre convenablement.



La députée R'kia Derham (USFP) a, quant à elle, reproché au gouvernement d'avoir décidé unilatéralement de retirer la confiance à l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, sans consulter l'opposition, exprimant son inquiétude que le futur médiateur "ne puisse pas faire avancer le dossier".



Le président du Centre marocain des études stratégiques, Mohamed Benhamou, a, pour sa part, relevé que l'hostilité envers le Maroc reste l'une des constantes de la diplomatie algérienne, considérant comme "vivant en déphasage des relations internationales" ceux qui ne voient pas dans l'intégration maghrébine une réponse aux défis de la région.



Il a appelé les diplomates à la spécialisation dans les dossiers internationaux, à l'ouverture, à un bon redéploiement diplomatique et à la mise à profit de la diplomatie parallèle pour pouvoir faire face aux défis à venir. 


MAPF
Partager cet article : Digg Facebook Blogmarks Wikio Scoopeo Viadeo
  • Dernière minute